Couper l’eau : l’indigne punition. Par Najat

Quand on parle manque d’accès à l’eau on pense souvent aux pays du  tiers en monde. Mais en Belgique, les ménages à qui on à coupé l’accès à l’eau est passé en 10 ans de 143 à 1100 par an; en moyenne.

Pourquoi ? La question reste ouverte.

1.D’un côté, certaines sociétés distributrices d’eau disent s’endetter à cause de “mauvais payeurs” et du coup prétendre devoir durcir leur politique de paiement. Quand l’eau est géré par une société privée, elle est autorisée à fermer les vannes de ceux qui ne payent pas leur facture.

2.D’un autre côté, chez nous la précarité augmente et le nombre de personnes ne sachant plus payer leurs factures d’eau également.

Prenez le problème suivant: Patrick, chômeur, et qui doit se débrouiller avec un revenu de moins de 1000euros par mois. Après avoir payé son loyer, ses factures de gaz, d’électricité, téléphone, il ne survit qu’avec 100 euros. Comment peut-il payer sa facture annuelle d’eau de 500 euros sans plan de paiement ? Vous avez deux heures pour y répondre…

Si Patrick est déjà endetté, il se retrouve à devoir dépenser encore plus d’argent pour acheter des bouteilles d’eau qui coûte 300 fois plus cher que l’eau du robinet. Il doit trouver des système D pour se laver, cuisiner, nettoyer, tout prend plus de temps, coûte plus cher et amène plus de soucis notamment sur sa santé. Lui couper l’eau, l’enfonce plus que jamais.

Même s’il existe des aides​, je pense à certains services sociaux associatifs, ou encore les CPAS qui permettent à certaines personnes d’avoir accès au Fond Social de l’eau. Beaucoup trop de personnes n’y ont pas droit, ou sont très mal informés sur leurs droits sociaux. Les démarches administratives sont souvent lourdes, complexes, et se transforment en vrai casse tête belge. Bref, Patrick se retrouve dans une spirale négative qui l’endette plus et risque de le pénaliser d’un point de vue juridique. Le cas de Patrick est symptomatique de la manière dont est traité la précarité en Belgique : pour avoir accès à des aides, c’est le parcours du combattant.

Par contre, les sanctions, elles, arrivent très vite.  Alors que demandent les personnes touchées par ces coupures d’eau comme Patrick ?

1) Avoir accès à un logement décent et équipé correctement. Au plus les logements sont précaires, au plus les risques de fuites d’eau sont importantes et la facture en fin d’année peut réserver d’énormes surprises.

2) de pouvoir d​isposer d’une information claire ​sur les démarches à accomplir en cas de difficulté de paiement.

3) D’interdire les coupures d’eau et trouver des alternatives puisque cette mesure n’est pas censé avoir sa place dans une société où on a la sécurité sociale et la solidarité

4) de ​diminuer le tarif de l’eau qui ne cesse d’augmenter et mettre en place un tarif social adapté aux revenus des ménages !

Et last but not least, à l’image de l’ancien mouvement irlandais’ No Way, We Won’t Pay » un mouvement qui refuse la taxation de l’eau et la politique  d’austérité, on pourrait demander à nos gouvernements de ne plus taxer nos besoins de premières nécessité.

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